La Zone industrielle de l’artisanat de Touba est un projet ambitieux de l’État du Sénégal piloté par l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix-Sa). Lors d’une présentation, lundi 17 mars, le directeur général de l’Apix, accompagné de ses collègues de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (Anat) et de l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat (Apda), a dévoilé les grandes lignes de ce projet au Khalife général des Mourides.
Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, a accueilli, lundi 17 mars 2025, une délégation composée des directeurs généraux de l’Apix (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux), de l’Anat (Agence nationale de l’aménagement du territoire) et de l’Apda (Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat). Cette visite s’inscrit dans le cadre du projet de réalisation d’une Zone industrielle de l’artisanat à Touba. Un projet stratégique qui vise à revitaliser l’économie locale et à structurer la filière artisanale tout en mettant l’accent sur la filière cuirs et peaux. Selon Bacary Séga Bathily, directeur général de l’Apix, un véritable corridor industriel est en train de se former au Sénégal, notamment entre Dahra, Touba et Ngaye Mékhé.
D’après lui, la ville sainte joue un rôle clé dans cette dynamique, car elle constitue un lieu de rassemblement pour le cheptel, particulièrement lors du grand Magal, de la fête de Tabaski et d’autres cérémonies religieuses. Cependant, il estime que ces peaux récupérées doivent être transformées par nos artisans qui possèdent un « savoir-faire exceptionnel » et sont réputés parmi les meilleurs en Afrique. Promouvoir le « made in Sénégal » Selon M. Bathily, cette démarche permettrait de baisser notre dépendance aux importations pour répondre à la demande en cuir fini et en produits dérivés. L’un des défis majeurs auxquels fait face l’écosystème de nos artisans réside, selon le directeur général de l’Apix, dans la disponibilité des peaux, essentielles pour la production de cuir destiné à la fabrication de divers produits. À l’en croire, c’est dans ce contexte que s’inscrit le projet de Zone industrielle de l’artisanat à Touba qui a pour objectif de réduire la dépendance de notre pays.
Ce, en instaurant une véritable économie territorialisée, fondée sur des unités modernes dédiées à la transformation et à l’industrialisation de la filière cuirs et peaux. Sophie Nzinga Sy, directrice générale de l’Apda, a réitéré l’engagement de l’État à industrialiser les diverses filières à forte valeur ajoutée, parmi lesquelles le secteur des cuirs et peaux. « En collaboration avec l’Apix et l’Anat, nous avons l’intention de travailler en synergie à la réalisation de ce projet structurant qui concerne les localités de Dahra, Touba et Ngaye Mékhé », a-t-elle ajouté. Mme Sy est persuadée que le développement du tourisme religieux pourrait donner naissance à une économie axée sur les cuirs et les peaux. Elle a ainsi prôné la promotion du « made in Sénégal » afin d’inciter les Sénégalais à consommer des produits fabriqués localement, précisant qu’avec ce projet, les concitoyens auront la possibilité d’accéder à une gamme variée de produits en cuir.
Entre 1.000 et 2.000 emplois attendus

Auparavant, Bacary Séga Bathily a indiqué que le coût du projet est en cours d’évaluation et que les sources de financement sont presque finalisées. Cependant, il a précisé que cela dépendra de la disponibilité du terrain qui nécessite un aménagement approprié. Il a également mentionné qu’un carnet de commandes est déjà constitué, comprenant des industries sénégalaises désireuses de s’y implanter. Le Dg de l’Apix ne doute point que ce projet va jouer un rôle clé dans le développement de l’emploi et de l’économie locale. Selon lui, les perspectives d’emploi sont considérables, car ce secteur requiert principalement un encadrement plutôt que des qualifications élevées. Cela justifie, à ses yeux, la présence de la directrice générale de l’Apda, indiquant que le nombre d’emplois créés pourrait atteindre entre 1.000 et 2.000 directs et indirects. « C’est tout un écosystème qui se développera autour de la zone aménagée », dit-il.
Tidiane Sidibé, directeur général de l’Anat, a souligné qu’au Sénégal, il est désormais impératif d’éviter toute installation anarchique. Pour cela, croit-il savoir, il va falloir identifier des zones particulièrement adaptées pour la mise en œuvre des projets et programmes étatiques. Sa conviction est que la Zone industrielle de l’artisanat à Touba fait partie d’un ensemble de projets relevant du programme de valorisation des ressources territoriales. Sur une superficie de 20 hectares, l’Anat a déjà repéré la zone cible qui accueillera ce projet qui sera accompagné d’une industrie de transformation complète. Conscient de l’impact significatif que ce projet peut avoir sur l’économie locale et nationale, le Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a loué l’initiative et exprimé des vœux de réussite. Il a également formulé un « ndigël » (consigne) et des prières accompagnées de recommandations, pour assurer une exécution rapide du projet.
Cela met en lumière son rôle crucial dans le développement économique de Touba et sa contribution à l’autonomie des artisans locaux. En rassemblant les compétences artisanales traditionnelles et en les intégrant dans un cadre industriel organisé, le projet de Zone industrielle de l’artisanat à Touba ambitionne de faire de cette ville un pôle national et régional de transformation et de production artisanale. Fort du soutien du Khalife, les agences impliquées s’engagent à accélérer la réalisation du projet. Dans cette perspective, elles ont rencontré le porte-parole du Khalife général des Mourides, Serigne Bassirou Mbacké Abdou Khadre, ainsi que le maire de la ville de Touba. Serigne Bass Abdou Khadre a exprimé sa satisfaction, soulignant que ce projet arrive au moment opportun. À son avis, la ville de Touba a un besoin urgent d’entreprises capables d’offrir des emplois à sa jeunesse.