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Société

La cession de la prison annulée par l’Etat, ce à quoi devra ressembler le nouveau Rebeuss

Le président Bassirou Diomaye Faye a récemment annulé la cession de la prison de Rebeuss, une vente controversée réalisée juste avant les élections présidentielles par le défunt régime. Cette décision a relancé les interrogations concernant le futur de cet espace de 11 774 m² situé au cœur de Dakar. Le terrain, qui avait été bradé pour 8 milliards de francs CFA, est désormais dans une situation floue. Face à ce vide, la question se pose : quel projet l’État envisage-t-il pour ce site stratégique ?

L’avenir du site de la prison de Rebeuss suscite de nombreuses réflexions sur son potentiel de reconversion. Situé en plein cœur de Dakar, cet espace stratégique offre une occasion unique de redéfinir l’urbanisme de la capitale en intégrant des infrastructures à forte valeur sociale et environnementale.

Pour l’environnementaliste Moussa Kassé, la transformation de cet espace en un lieu public serait une véritable bouffée d’oxygène pour la ville. « Le site de la prison de Rebeuss offre une occasion en or de transformer cet espace en un lieu public utile pour les Dakarois. En plein centre de la capitale, ce terrain pourrait être réaménagé pour répondre aux besoins de la population en matière d’espaces verts et de détente », explique-t-il.

Une opportunité pour un projet urbain

Il souligne également l’importance de doter Dakar d’espaces de respiration au milieu de son urbanisation galopante. « Transformer ce site en parc public ou espace vert constituerait une belle alternative à la densité urbaine environnante, tout en améliorant la qualité de vie des habitants, souvent à la recherche d’endroits pour se ressourcer », ajoute-t-il.

Dans un contexte où la ville manque cruellement d’espaces verts, cette option pourrait répondre à un besoin essentiel, en créant un cadre de vie plus harmonieux et durable. La balle est désormais dans le camp des autorités, qui devront trancher entre diverses options pour l’avenir de ce site emblématique.

« Un autre projet viable serait de créer un centre culturel. Un tel lieu pourrait accueillir des salles de spectacles, des espaces d’exposition, des événements artistiques, renforçant ainsi le rayonnement culturel de la capitale sénégalaise. Cela offrirait également un espace dédié à la jeunesse et à la créativité, en parfaite adéquation avec l’esprit de renouvellement que le gouvernement semble vouloir insuffler à la ville », ajoute Mamadou Diouf, conseiller municipal à la mairie de Dakar.

Pour certains, ce lieu pourrait servir à de nombreuses choses, comme un nouvel hôpital moderne en pleine Médina, un quartier populeux. Autre proposition : « La création d’un second campus universitaire ou d’un centre de recherche. Un tel projet structurant permettrait non seulement de renforcer l’infrastructure éducative et scientifique du pays, mais aussi de stimuler l’innovation et la recherche dans des domaines clés pour le développement du Sénégal. L’Ucad est plein à craquer, la population de Dakar grandit à une vitesse exponentielle et il n’y a que l’institut Pasteur qui, aujourd’hui, répond à toutes les normes internationales et encore, c’est un institut privé. Alors je serais très content de voir un institut ou une nouvelle université sur ce site », fait savoir Mansour Diop, un lanceur d’alertes.

Éviter les dérives des précédentes cessions foncières

Alors que le débat sur l’avenir du site de la prison de Rebeuss se poursuit, certains observateurs mettent en garde contre le risque de reproduire les erreurs du passé en matière de gestion foncière. Fatou Gaye, écrivaine et lanceuse d’alertes, rappelle les précédents controversés et insiste sur la nécessité d’une gestion exemplaire.

« Il est essentiel que le gouvernement évite les dérives des précédentes cessions foncières, comme celles de l’assiette foncière de la bande des filaos ou des terrains de l’aéroport de Dakar. Dans ces cas, des responsables politiques des anciens régimes, parfois en collusion avec des hommes d’affaires, se sont partagés une grande partie des terres publiques, dans des transactions opaques et au bénéfice exclusif de quelques-uns », avertit-elle.

Elle souligne l’importance de préserver l’intérêt collectif et de garantir une gestion transparente du projet. « Il est crucial que ce site ne devienne pas un terrain de partage de gâteau entre intérêts privés et politiciens, au détriment de l’intérêt général. Ce projet doit être transparent et tourné vers des objectifs qui servent réellement le développement de Dakar et du Sénégal », insiste-t-elle.

Son appel reflète une attente forte de la population : voir ce site emblématique utilisé pour le bien commun, et non comme un simple enjeu de spéculation foncière. L’État devra faire preuve de rigueur et de vision stratégique pour que cette opportunité ne se transforme pas en un nouveau scandale foncier.

Quel choix stratégique pour l’État ?

Le site de la prison de Rebeuss représente un véritable levier pour le développement urbain et stratégique de Dakar. Les options sont multiples : entre la création d’espaces publics comme un parc, la transformation en centre culturel, ou encore la construction d’infrastructures de santé et d’éducation. Cependant, l’État devra choisir la voie la plus adaptée aux besoins actuels et futurs de la population dakaroise. Le choix stratégique fait pour ce site déterminera non seulement l’avenir de cet espace, mais aussi celui de la capitale, à un moment où l’urbanisation et les infrastructures de qualité sont au cœur des priorités nationales.

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